Faciliter le quotidien des femmes Maasaï

Terre O Vent intervient dans des villages situés dans l’aire de conservation du Ngorongoro et peuplés essentiellement de membres du peuple autochtone Maasaï. Ce peuple tente de vivre selon son mode de vie ancestral, essentiellement organisé autour des activités d’élevage.

Cependant, la réglementation de l’aire de conservation, depuis une quarantaine d’années, cherche à valoriser la zone pour le tourisme. Pour ceci, la réglementation impose des restrictions de l’utilisation des ressources naturelles et empêche les Maasaï de se livrer à leurs activités de subsistance traditionnelles : élevage, agriculture.

Le réchauffement climatique et la sécheresse qu’il engendre contribuent également à fragiliser l’équilibre économique et social des familles.

Dès lors, environ 85 % des familles Maasaï du village se situent en-dessous du seuil de pauvreté.

L’organisation de la société Maasaï est patriarcale et polygame. Les femmes vivent dans les habitations avec les enfants, et les hommes voyagent d’un village à l’autre, changeant régulièrement de cellule familiale. Ce sont les femmes qui assurent la subsistance quotidienne et pratique des familles et des enfants.

 

La problématique de l’eau

La région d’Arusha a développé un réseau d’approvisionnement en eau assez conséquent. Cependant, les zones les plus à l’écart ne sont pas reliées au réseau, notamment celles peuplées par les Maasaï, qui sont une population politiquement moins prioritaire.

Par conséquent, l’approvisionnement en eau repose sur les femmes du village. Il s’agit d’une tâche lourde et contraignante.

Dans le village d’Alailelai, le point de forage le plus proche est situé à 4 kilomètres du village, ce qui oblige les femmes à marcher 8 kilomètres à pied quotidiennement, et en portant la charge de l’eau. Les plus favorisées ont un âne pour les aider à porter.

De plus, le forage n’est pas toujours une ressource fiable en eau. En effet, il peut être en partie détruit par les animaux sauvages. L’approvisionnement en eau est alors coupé pour une durée indéterminée jusqu’à sa réparation par un groupe d’hommes. Les femmes doivent pendant ce temps marcher jusqu’à un autre forage, situé à 8 kilomètres, ce qui représente une distance de 16 kilomètres par jour.

Enfin, pendant la saison sèche, le forage se retrouve souvent à sec.

 

L’action de Terre O Vent

En lien avec les femmes, Terre O Vent travaille pour installer des récupérateurs d’eau dans les villages Maasaï de l’aire de conservation Ngorongoro.

Il peut s’agir d’une structure de grande taille, bétonnée, servant à alimenter tout un village. La structure est couplée à un bâtiment communautaire, l’école maternelle par exemple, pour bénéficier de sa toiture.

Dans les lieux plus modestes, il peut s’agir d’un simple réservoir en plastique, servant à alimenter les besoins en eau des familles d’un boma par exemple.

La gestion de l’eau est confiée aux anciens du village, qui gèrent notamment la juste répartition, et sont vigilants sur le remplissage à l’arrivée de la saison sèche.

Le projet pilote est développé à Alailelai, en partenariat avec Natopiwo Organization.