Le peuple masaï constitue une population africaine d’éleveurs et de guerriers semi-nomades d’Afrique de l’Est, ici en Tanzanie ; parlant le maa et étant un peuple isolé il n’est pas toujours évident pour eux de s’intégrer parmi les Tanzanien.es. Ce sont surtout les femmes qui sont victimes de la situation car il est fréquent qu’elles n’aillent pas à l’école, ou arrêtent l’école très tôt.
Le projet « Une école pour les femmes masaï » été conçu pour faciliter l’intégration des femmes, notamment grâce à la mise en place de cours de swahili, langue nationale de la Tanzanie. Au-delà de l’apprentissage linguistique, cette initiative vise surtout à renforcer leur autonomisation au sein des foyers. Le projet prévoit également des cours de couture pour les femmes. Il a eu lieu sur trois sites différents : Monick, Takano et Eluwai. 160 femmes ont été concernées par le projet.
Les cours ont lieu trois fois par semaine, en journée ou en soirée selon les disponibilités des femmes. Des cours d’anglais ont également été mis en place à hauteur d’une fois par semaine.
A la demande des femmes, des formations à la santé sexuelle et contraceptive ont également été organisées.
Une session de trois jours a été organisée par deux intervenantes spécialisées. Une demi-journée a été réservée aux hommes, pour les informer sur les MST et l’importance du contrôle des naissances pour la santé des femmes. Ces formations se font en petits groupes, pour permettre aux femmes de surpasser leur pudeur et de parler sans tabous.

Une évaluation du projet a été menée sur place par les équipes de Terre O Vent.
- Cours de swahili
5 femmes ont été volontaires pour participer aux entretiens. Nous avons interrogé Ester Salomon, Luly Saimon, Natajeud Joseph, Christina Manuel et Masha Sabara qui assistent régulièrement aux classes de swahili.
Réussites : Les participantes affirment une amélioration notable de leur confiance en elles et de de leur capacité à communiquer avec les autres.
En effet, elles peuvent faire des petites phrases, lire des mots et elles comprennent des conversations en swahili. Elles racontent que ces cours ont également eu un impact dans leurs relations avec leurs maris : désormais, ils les laissent aller à l’école, et elles les aident à lire des SMS sur smartphone. Christina a également partagé qu’elle se sentait « moins stupide » face à son mari. Ces femmes peuvent à présent aider leurs enfants à la maison, comme nous raconte Natajeud qui corrige les devoirs de ses enfants.
Ainsi, l’accès à l’éducation les aide au sein de leurs familles, mais aussi dans le village. Luly, Masha et Ester nous ont raconté que lorsqu’elles se rendent au marché, elles peuvent parler aux commerçants et faire leurs courses plus facilement. Elles se sentent ainsi plus indépendantes.
- Cours de couture
10 femmes ont été volontaires pour participer aux entretiens.
Les femmes interrogées sont Mariamu Jemis, Stela Noah, Pasicalina Samueli, Ever Paulo, Selina Isayo, Furahini Abraham, Christina Salomon, Magdalena Emanuel, Rchema Zakayo et Neleema Medimu. Elles participent assidument aux cours de couture et ont déjà des bases de swahili.
Réussites :
Pour ces femmes, les ateliers ont permis d’apprendre des bases solides de couture. Désormais, elles savent confectionner des sacs pour porter les bébés et des vêtements pour les enfants, notamment des jupes et des chemises pour aller à l’école.
Aujourd’hui, les femmes cousent pour elles- mêmes essentiellement. Mariamu a ajouté que cela leur a donné un but dans la vie. De plus, elles sont moins dépendantes financièrement de leurs maris grâce à cette nouvelle compétence. Magdalena et Neleema ont précisé qu’elles ont acheté des machines à coudre à domicile, ce qui leur permet de s’exercer à la maison et de coudre pour l’ensemble des membres de leurs familles
Furahini a précisé au nom du groupe que ces ateliers ont aidé les femmes à confirmer leur estime et les ont rendu plus confiante dans leur vie en général. En effet, elles aident leurs familles grâce à la couture et elles espèrent un jour pouvoir les aider financièrement en vendant leurs créations.
Un grand merci à Natopiwo Organization pour son aide à la réalisation de ce projet, ainsi que les enseignants incarnant ce projet : Mathew et Mama Lucy pour le site de Monick, Engare Sero ; Jeremiah et Namayana sur le site de Eluwai.

